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CENTRE D'ETUDES JURIDIQUES APPLIQUEES

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Blog d'infos sur les droits de l'homme dans le grand Nord-Kivu


BUTEMBO :CENTRE D’ETUDES JURIDIQUES APPLIQUEES COMMUNIQUE DE PRESSE RECRUDESCENCE DE L’INCECURITE DANS LE GRAND-NORD KIVU

Publié par CENTRE D'ETUDES JURIDIQUES APPLIQUEES-CEJA-UCG sur 14 Mai 2013, 13:41pm

Le sang continue à couler à l’Est de la République Démocratique du Congo. Les groupes armés nationaux et étrangers sèment la terreur, la désolation et la mort dans le grand nord de la Province du Nord Kivu. Les abus et les violations des droits de l’homme dont les tueries, les violences sexuelles, les enlèvements, les arrestations arbitraires, les vols à main armée,… sont devenues monnaie courante dans les territoires de Beni et de Lubero ainsi que dans les villes de Butembo et de Beni.

La recrudescence de la violence par des groupes armés à l’Est de la RDC en général et dans le grand nord de la province du Nord Kivu en particulier peut être lié au vide sécuritaire laissé dans la région suite au redéploiement de l’armée congolaise dans d’autres endroits du pays afin de lutter contre le M23 créer le 6 Mai 2012

Les opérations militaires menées dans le Rwenzori n’ont pas contribué à l’amélioration de la situation des droits de l’homme dans le territoire de Beni. Les cas d’enlèvements des civils sont montés en flèche. Les menaces de la prise de la ville de Beni et la cité d’Oicha par la coalition des May May de Kombi Hilaire, ancien militaire de l’A.P.C, la branche armée du RCD-K/ML, renforcé par une centaine d’éléments Ougandais et le groupe du Major May may Eric Kenzo reste d’actualité au cours de cette dernière semaine du mois d’Avril 2013.

Face à cette situation inquiétante, les chercheurs de CEJA ont effectué des descentes sur terrain dans les territoires de Beni et de Lubero en vue de documenter les abus et violations des droits humains commis sur les populations civiles.

A l’issue de ces enquêtes, ils ont publié un rapport accablant intitulé «Une plaie qui saigne à l’Est de la République Démocratique du Congo ». Les auteurs de cette hémorragie sécuritaire sont généralement les hommes armés appartenant aux groupes armés nationaux et étrangers. A ceux-ci s’ajoutent certains éléments incontrôlés et indisciplinés des FARDC. Ces enquêtes ont été réalisées au cours du mois d’avril 2013 dans les axes Butembo – Lubero – Kirumba – Kayna, Butembo – Beni – Mutwanga, Butembo – Beni – Eringeti.

Ces descentes ont permis au CEJA de parcourir les grandes agglomérations du grand nord de la Province du Nord Kivu.

En territoire de Lubero, le premier trimestre de 2013 a été caractérisé par des cas des violations et abus des droits humains consécutifs à l’absence de l’autorité de l’Etat dans plusieurs coins du territoire de Lubero.

L’absence de l’autorité de l’Etat est perceptible dans la partie Sud-ouest du territoire de Lubero et plus précisément dans les villages de Miriki- Bunama-Kahumo-Buhenge-Kyanderama-Kiricha-Kimaka-Mumole-Kinune-Kalevya-Vuvatsi. Les habitants de ces villages vivent sous l’autorité des rebelles rwandais des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda. Ces inciviques exigent des populations civiles le paiement d’une rançon de 1000FC/mois. Ils y ont érigé des tribunaux où ils tranchent des litiges qui surgissent au sein de la population. Pour tout litige, les pseudos juges des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda demandent à chaque partie au conflit le paiement d’une somme de 50$.

Les éléments des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda ont créé un Etat dans un Etat dans le Sud Ouest du Territoire de Lubero où ils ne font que piller les biens de la population.

Outre ce qui précède, l’administration des éléments des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda, FDLR, soumet la population à une forme d’esclavage en leur imposant des travaux forcés comme l’entretien de la cours de camps militaires, la construction des casernes militaires,….quiconque ne participe pas à ces travaux est soumis au paiement d’une amande de 50$.

En territoire de Beni, dans la partie Nord-est du territoire, un nouveau groupe armé y sème la terreur et la désolation. Il est dirigé par le colonel Kombi Hilaire, un ancien militaire de l’ex Armée du Peuple Congolais qui fut la branche armée du RCD/K-ML. Il est épaulé par le Général autoproclamé Sikuli La Fontaine, un chef may may. Ce territoire est aussi confronté au phénomène d’enlèvements des populations civiles par des groupes armés. Depuis le lancement des opérations militaires ‘’ Ruwenzori’’ visant à traquer ces groupes, plus de 500 civils ont été enlevés.

Face à cette situation, le CEJA recommande ce qui suit :

Au gouvernement

  • Doter les éléments des FARDC des moyens afin de mettre hors d’état de nuire les groupes armés en divagation dans les forêts du grand nord de la province du Nord Kivu ;
  • Initier de poursuites judiciaires à l’endroit des militaires qui se rendent auteurs de violations de droits de l’homme en vue de lutter contre l’impunité ;

Aux organisations de la société civile

  • Documenter et dénoncer les cas d’abus et de violations de droits de l’homme dont sont victimes les populations du grand nord de la province du Nord Kivu ;
  • Initier des poursuites judiciaires à l’endroit des auteurs de violations et d’abus de droits de l’homme ;

A la communauté internationale

  • Accélérer le processus de déploiement de la brigade internationale des Nations Unis tant attendue par les habitants du grand nord de la province du Nord Kivu.

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