Plus d’une centaine d’étudiants de l’IBTP ont manifesté dans certaines rues de Butembo ce jeudi 21 mai. Leur marche est partie de leur institution pour chuter par la mairie de Butembo.
« Le venin se trouve dans la queue, dit-on ». Et c’est à la mairie de Butembo où les dégâts ont été enregistrés. Il est 14 heures 34 minutes lorsque les manifestants arrivent dans la cour de l’hôtel de ville. Ils scandent « Rendez-nous notre camarade ». Ces étudiants réclamaient ainsi la libération de Nelson NZANDU, leur camarade détenu à Kakwangura. Quelques secondes après, certains éléments de la police arrivent et s’entretiennent avec la foule. « Constituez une délégation de 5 personnes qui peut être reçue par le maire », instruit cet élément de la police. Mais personne ne comprend. Au contraire, ces étudiants dérangent et s’assoient par terre. La confusion prend place. Une seule minute a suffi pour que la jeep bleue de la police arrive sur le lieu. Les policiers descendent calmement de ce véhicule. Dans un premier temps, ils lancent quelques trois gaz lacrymogènes. Les futurs cadres du pays formés à l’IBTP répondent « MUTU UWE » ou « tuez-nous » en français. Les choses n’ont pas tardé. Des balles réelles tirées en l’air. Toute la foule disparait en 30 secondes. A l’entrée de la mairie, plus aucun étudiant sauf six qui ont été arrêtés par la police. Des motos abandonnées le long de la route par certains particuliers sont déjà entre les mains de leurs propriétaires, signale la presse de la police.
Le parquet ne peut pas céder à la pression
Réclamer la libération par la pression de la rue. Telle est une manière fréquente en RDC pour demander aux autorités judiciaires de libérer un citoyen sur lequel pèsent certains griefs. Les autorités judiciaires sont conscientes de ce dérapage et y font face à leur manière. Tenez ! Les étudiants de l’IBTP viennent de passer 3 journées au parquet de grande instance de Butembo. Objectif, exiger au Procureur de la République de libérer sans condition leur camarade incarcéré à Kakwangura. La situation a toujours été la même lorsqu’un président d’une association, un élève ou une autorité scolaire est arrêtée, se rappelle une autorité judiciaire locale. Du coup, on voit à Butembo des foules qui affluent au parquet. Contacté à ce sujet, le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Butembo désapprouve cette manière d’agir. Selon le magistrat Valéry MWALI LUMANDE, aucune pression ne peut être exercée sur l’Organe de la loi dans l’exercice de son métier.
Au cours d’une interview accordée à la Radio Moto Butembo-Beni ce jeudi 21 mai, le numéro un du parquet de grande instance de Butembo a insinué que l’Etat jouit du monopole de la force. C’est sa réaction face aux déclarations de certaines personnes croyant avoir la force de faire ce qu’elles veulent.
A la police, une source crédible nous chuchote qu’emprisonner cent étudiants n’est pas une grande gymnastique à partir du moment où ils ont violé la loi.