Le 04 et le 06 février, le CICR (Comité international de la Croix-Rouge) a distribué des biens aux déplacés et retournés de Bunyatenge et de Muhanga, au sud du territoire de Lubero. Si ces déplacés apprécient ce geste, ils ont encore soif de la paix, car sans celle-ci, rien ne va changer…
Cette fois, ils ont souris, jusqu’à exploser de rire… la joie se lisait sur leurs visages le mercredi 04 février et vendredi 06 février. Durant cette semaine, le CICR (Comité international de la Croix-Rouge) a assisté plus de 1800 ménages des déplacés, résidents et retournés de Muhanga, Bunyatenge et environs, à plus de 200 Km au Sud-ouest de Goma, en province du Nord-Kivu. «Nous avons remis à chaque ménage : une bâche, 3 couvertures, 3 nattes, 3 barres de savon, 2 casseroles, 5 fourchettes, 5 cuillères, 5 couteaux de table, 1 couteau de cuisine, 5 gobelets, 1 seau, ainsi que des sous vêtements pour les mamans », énumère Musiki Ndalo, chargé de sécurité économique et alimentaire dans la partie Nord de la province du Nord-Kivu au sein du CICR.
Ces biens ont été remis à ces déplacés et retournés, victimes des différents affrontements entre des groupes armés actifs dans cette zone. Lors de ces affrontements, des hommes en Arme violent, pillent et volent les biens de la population. « Il y a d’abord notre équipe de monitoring et évaluation qui est passée pour demander à cette population ce dont elle a d’abord besoin. C’est pour quoi nous avons d’abord résolu d’apporter des ustensiles de cuisine et d’autres petits biens car cette population a presque tout perdu lors des passages des hommes en arme dans leurs villages respectifs », assure Musiki Ndalo. Il poursuit que dans un délai proche le CICR va distribuer dans la même zone pour les mêmes déplacés et retournés des pagnes, des vivres, et des semences pour que cette population reprenne avec l’agriculture.
Responsabiliser les femmes
Seules les femmes sont admises pour réceptionner ces dons. « Il est vrai que l’homme est le chef du ménage, mais notre crainte était qu’un homme peut avoir deux ou trois femmes. Comment il va satisfaire les autres ménages avec un seul jeton de déplacé. L’autre crainte est qu’il peut même vendre ces biens. Est dans ce cas la famille va continuer à souffrir », explique Musubao Kivasuvwamo, chargé de communication au sein du CICR dans la partie Nord de la province du Nord-Kivu. Cette crainte est aussi la même pour des habitants de Muhanga et de Bunyatenge. « Dans plusieurs ménages ici, ce sont des femmes qui se soucient plus de la survie de leurs foyers, alors que des hommes passent leurs temps dans des débits de boissons », embraye un défenseur des droits de la femme rencontré sur le site de distribution. Celui-ci plaide pour le retour de la paix, pour que ces dons profitent réellement aux ménages.
« Avant, quand on nous distribuer des biens, les groupes armés revenaient le soir pour emporter tout ce qu’on nous donnait. Aujourd’hui, l’assurance règne un peu surtout que le CICR intervient quand les FARDC sont déjà installés ici chez nous. Le don est arrivé au bon moment… », sourire aux lèvres, s’enthousiasme cette dame qui quitte le site de distribution avec ses biens à la tête. Un sentiment partagé par tous ceux qui ont réceptionné des dons. Pendant ce temps, ceux qui n’étaient pas sur la liste des déplacés ou des retournés, puisqu’ils étaient au champ lors du passage des évaluateurs de CICR, ne savent pas quand eux aussi seront repris sur la liste de distribution des concernés par différents dons...
Publié par Umbo Salama, de retour de Muhanga au Sud de Lubero sur 17 Février 2015,